Monday to Saturday - 8:00 -17:30
Lorsqu’on évoque la renaissance de Triumph au début des années 1990, un nom s’impose immédiatement : 900 Triumph Trident. Premier roadster trois cylindres de la nouvelle ère britannique, la Trident 900 a joué un rôle clé dans la reconstruction de l’image de la marque d’Hinckley. Produite de 1991 à 1998, elle incarne une approche rationnelle, robuste et profondément mécanique de la moto, aujourd’hui très recherchée par les amateurs de youngtimers.
La 900 Triumph Trident, symbole du renouveau Triumph
Après près de dix ans d’absence sur le marché, Triumph renaît officiellement à la fin de l’année 1990 avec une gamme entièrement nouvelle, construite autour d’une philosophie industrielle très pragmatique : standardisation maximale des pièces, moteurs modulaires et partie-cycle commune.
Dans cette stratégie, la 900 Triumph Trident occupe une place centrale. Positionnée comme roadster d’entrée de gamme, elle adopte le trois cylindres en ligne, architecture qui deviendra la signature technique de Triumph pour les décennies suivantes. Elle est commercialisée aux côtés d’une version 750 cm³, mais c’est bien le 900 qui séduira immédiatement par son caractère moteur.

Un trois cylindres de 885 cm³ au caractère affirmé
Le moteur de la 900 Triumph Trident est un trois cylindres en ligne refroidi par liquide, à double arbre à cames en tête et 12 soupapes. Sa cylindrée de 885 cm³ est obtenue non pas par l’alésage, mais par une augmentation de la course par rapport au 750. Une solution coûteuse à développer, mais extrêmement efficace industriellement.
Sur la route, la différence est flagrante :
- 98 ch à 9 500 tr/min,
- 7,6 mkg de couple à 6 500 tr/min,
- une plage d’utilisation large et exploitable.
Là où la Trident 750 réclame d’être menée haut dans les tours, la 900 Triumph Trident se montre plus ronde, plus souple et bien plus percutante à mi-régime. C’est ce caractère moteur qui expliquera son succès rapide et la montée en puissance du 900 au détriment du 750 au fil des millésimes.
Partie-cycle : sobriété, efficacité et compromis assumés
La Trident 900 repose sur un cadre monopoutre en acier commun à la plupart des Triumph de l’époque. Un choix dicté par la rationalisation, mais qui garantit une bonne homogénéité dynamique.
La moto se distingue par :
- une stabilité rassurante,
- des suspensions efficaces sans être sportives,
- un freinage correct pour l’époque, avec double disque avant de 296 mm.

Le principal reproche formulé par les utilisateurs concerne le rayon de braquage, limité par le radiateur droit des premiers millésimes. Un défaut jamais totalement corrigé sur la Trident, contrairement à d’autres modèles Triumph qui adopteront par la suite un radiateur incurvé.
Les grandes évolutions de la 900 Triumph Trident (1991–1998)
1992 : premiers modèles
Les premières 900 Trident se reconnaissent à leur moteur gris clair, leurs échappements chromés et une finition volontairement simple. Les coloris restent classiques, avec notamment le mythique British Racing Green.
1993 : refonte majeure
Le millésime 1993 marque un tournant avec plus de 80 modifications :
- moteur et cadre noirs,
- nouvelles jantes,
- ligne d’échappement revue,
- ergonomie améliorée,
- selle plus basse.
La Trident gagne en modernité et en qualité perçue.
1994–1996 : montée en gamme progressive
La 900 Triumph Trident hérite d’un amortisseur arrière réglable plus performant, de leviers ajustables et de nouvelles fonderies moteur issues de Cosworth Castings. La moto gagne en confort et en rigueur, sans perdre son identité.
1997–1998 : fin de carrière
Les derniers millésimes introduisent de nouveaux coloris et, en 1998, une partie arrière issue de la Sprint. La Trident adopte également des carburateurs Keihin, plus modernes. Cette ultime version marque la fin d’un cycle avant l’arrivée de modèles plus valorisants comme la Speed Triple ou la Thunderbird.
Pourquoi la 900 Triumph Trident est recherchée aujourd’hui
Longtemps considérée comme une Triumph “économique”, la 900 Triumph Trident est aujourd’hui reconnue pour ce qu’elle est réellement :
- une moto fiable et solide,
- dotée d’un moteur charismatique,
- facile à entretenir,
- et représentative de la renaissance de Triumph.
Son esthétique sobre, son trois cylindres expressif et son importance historique en font une youngtimer de plus en plus convoitée, surtout dans ses versions bien conservées ou d’origine.
Conclusion : une Triumph fondatrice
La 900 Triumph Trident n’est pas la plus prestigieuse des Triumph, ni la plus sportive, mais elle est sans doute l’une des plus importantes. Elle a permis à la marque de se reconstruire, de définir son ADN moderne et d’imposer le trois cylindres comme une alternative crédible face aux quatre cylindres japonais.
Aujourd’hui encore, elle séduit par son caractère moteur, sa polyvalence et son authenticité. Une moto charnière, essentielle dans l’histoire de Triumph, et une valeur sûre pour les amateurs éclairés.