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À la fin des années 1960, le monde de la moto bascule. Jusqu’alors dominé par les constructeurs européens, il voit surgir une nouvelle vague venue du Japon, plus puissante, plus fiable… et souvent plus extrême. Parmi ces machines, une moto va marquer les esprits à jamais : la Kawasaki 500 H1 Mach III, lancée en 1969.
Surnommée « la faiseuse de veuves », la H1 est entrée dans la légende pour une raison simple : elle allait beaucoup plus vite que ce que son châssis, ses freins et ses pneus pouvaient encaisser. Une moto fascinante, brutale, effrayante… et aujourd’hui hautement désirable.
Une réponse radicale à la concurrence
À la fin des années 60, Honda impressionne avec sa CB750 quatre-temps. Kawasaki choisit une autre voie, plus directe, plus violente : le deux-temps, léger, explosif et sans compromis. Avec la H1 Mach III, la marque verte propose une moto de grosse cylindrée ultra performante, à un prix relativement accessible.
L’objectif est clair : dominer la concurrence en accélération pure. Et Kawasaki y est parvenu avec brio.
Un moteur trois cylindres devenu mythique
Le cœur de la H1, c’est son moteur trois cylindres en ligne deux-temps, d’une cylindrée de 498 cm³. Un choix technique audacieux pour l’époque, qui donne naissance à l’un des moteurs les plus célèbres de l’histoire.

Caractère moteur
- Montée en régime brutale et instantanée
- Arrivée de la puissance façon coup de pied aux fesses
- Sonorité métallique, stridente, inimitable
- Sensation d’urgence permanente
Avec environ 60 ch à 7 500 tr/min pour un poids contenu autour de 175 kg à sec, la H1 affiche des performances ahurissantes pour son époque : le 0 à 100 km/h est expédié en moins de 4 secondes, de quoi ridiculiser bien des motos plus récentes.
Une partie-cycle dépassée par la cavalerie
C’est ici que la légende noire de la Mach III prend tout son sens. Si le moteur est exceptionnel, le reste de la moto n’est clairement pas à la hauteur.
Châssis et comportement
- Cadre simple berceau en acier, peu rigide
- Fourche et amortisseurs très basiques
- Frein avant à tambour (puis simple disque sur versions ultérieures)
- Pneus étroits, adhérence limitée
Résultat : en ligne droite, la moto est une fusée. En virage, elle devient instable, floue, parfois inquiétante. À haute vitesse, la direction peut louvoyer, et le freinage demande anticipation et sang-froid.
La H1 n’est pas une moto indulgente. Elle exige du respect, et ne pardonne pas l’approximation.
Caractéristiques techniques principales
- Cylindrée : 498 cm³
- Moteur : 3 cylindres en ligne, 2-temps, refroidi par air
- Puissance maximale : ~60 ch à 7 500 tr/min
- Transmission : boîte 5 rapports, chaîne
- Poids à sec : ~174–176 kg
- Vitesse maximale : environ 200 km/h
Des chiffres qui, replacés dans le contexte de 1969, expliquent parfaitement le choc qu’a provoqué cette moto à sa sortie.
Une esthétique simple mais agressive
Visuellement, la Kawasaki 500 H1 Mach III est fidèle à son tempérament :
- Ligne tendue, compacte
- Réservoir effilé aux coloris vifs (vert, bleu, rouge)
- Trois échappements chromés alignés, signature visuelle et sonore
- Position de conduite droite, presque trompeuse vu le potentiel moteur
Elle ne cherche pas l’élégance raffinée : elle annonce clairement la couleur.

Les points forts et les défauts légendaires
👍 Points forts
- Moteur explosif et mythique
- Performances exceptionnelles pour l’époque
- Sonorité deux-temps unique
- Valeur historique et collection
- Sensations brutes, sans filtre
👎 Points faibles
- Freinage insuffisant
- Tenue de route délicate
- Consommation élevée
- Entretien plus exigeant (allumage, carburation, segmentation)
- Moto exigeante physiquement et mentalement
Acheter une Kawasaki 500 H1 Mach III aujourd’hui
Aujourd’hui, la H1 est devenue une pièce de collection très recherchée. Les prix ont fortement grimpé, portés par la nostalgie du deux-temps et la rareté des exemplaires en bon état.
🔍 À surveiller avant achat :
- État du moteur (compression, vilebrequin, roulements)
- Carburateurs et réglages
- Allumage d’origine (souvent remplacé par des solutions modernes)
- Cadre et alignement
- Authenticité des pièces (échappements, peinture, compteurs)
Beaucoup de propriétaires choisissent aujourd’hui des améliorations discrètes (frein avant renforcé, suspensions modernisées) afin de rendre la moto plus exploitable sans trahir son esprit.
Une moto excessive devenue culte
La Kawasaki 500 H1 Mach III n’est pas une moto raisonnable. Elle ne l’a jamais été. Mais c’est précisément pour cela qu’elle fascine encore aujourd’hui. Elle représente une époque où la puissance arrivait plus vite que la technologie pour la maîtriser, où les motos avaient un caractère brut, parfois dangereux, mais profondément vivant.
Posséder ou piloter une H1, c’est toucher du doigt l’âge d’or sauvage de la moto, celui où l’adrénaline passait avant tout le reste.
